Antidestin et transmutation

Septembre 1995, visite de la rétrospective

Louise Bourgeois. Sculptures, environnements, dessins. (1938-1995)

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Hier, Louise Bourgeois est morte à New-York (elle avait 98 ans) … Je découvre cette nouvelle ce matin en ouvrant ma page d’accueil d’i-google. (Je suis profondément touchée). Je déjeune avec ma fille et je le lui dis. Ça ne lui dit rien, apparemment. Je lui évoque mes souvenirs d’elle et moi sous ses araignées géantes au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Toute petite, elle avait 5 ans, elle ne s’en souvient plus.

Pour moi, à l’époque, tout juste sortie de l’Ecole d’Art de Marseille, Louise Bourgeois était déjà une référence, une artiste reconnue, comme une évidence.

Maintenant je réalise à la lecture de tous ces articles parus aujourd’hui, que cette exposition est sa première d’importance en France, Louise Bourgeois avait déjà 83 ans.

Marseille, le 1er juin 2010

Une étoile de l’Art contemporain s’est éteinte.

Louise Bourgeois est une femme,… une artiste particulière.

Ses dessins, ses sculptures parlent tellement… Cells …de l’enfermement familial, du poids des souvenirs de l’enfance, de l’importance de la représentation de la mère et du père soumis à leurs rôles sociaux et aux évènements historiques. Cette mère et ce père aux comportements troublant l’image de la famille, du couple et de la sexualité. — Elle-même s’est investie dans son rôle de femme mariée, mère de trois enfants. ― Et tout au long de cette existence « toute tracée », les sculptures que son père collectionnait, les dessins des pieds des tapisseries que sa mère restaurait. Dans ces entretiens, elle parle, elle évoque son attirance de l’un à l’autre. Etre utile à l’un et à l’autre.

Les traumatismes de l’enfance si vivants, si pesants, des années plus tard, sont incarnés dans ses dessins, ses sculptures, ses installations. L’impératif. Transporter le poids du passé, si lourd, dans ces réalisations de métal, de pierre, de bois, de caoutchouc, de verre … d’objets.

Les contradictions, aussi, transparaissent.  Tout n’était pas sombre. La Maison de Choisy si translucide, si innocente sous la guillotine dans sa cellule. Se libérer. Couper la tête, à ce qui l’enferme. Sortir de cet enfermement en le transfigurant. Passer par l’éternité de l’œuvre  pour rendre la mémoire fugace.

Louise Bourgeois a su traverser les murs de la mémoire, de la famille et de la société. L’œuvre, qu’elle nous a transmise, nous parle de cette volonté incessante, de cette liberté.

Laure, Marseille, le 30 juin au 2 juillet 2010

A voir et à revoir : Louise Bourgeois, un film de Camille Guichard (2008)

photo : The Nest (1994), Louise Bourgeois. Collection SFMOMA. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris France, (Montage Photoshop Laure). photo Peter Bellamy : Louise Bourgeois, Cell (Choisy), 1990-1993 – Ydessa Hendeles Art Foundation, Toronto. photo : Louise Bourgeois par Robert Mapplethorpe (1982)

A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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Un commentaire pour Antidestin et transmutation

  1. Le peintre dit :

    Rendons hommage a Louise, cette femme unique en son genre.
    amicalement
    Gilles

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