Le temps des Voyages


Promenade au Fort Saint-Jean. Marseille, juillet 2010

Promenade au Fort Saint-Jean. Marseille, juillet 2010

C’est l’été, les vacances. Nous nous sommes éloignées. L’une au nord-ouest, sur les côtes de l’océan et l’autre au sud, sur son île montagneuse. Des terres et la mer, des rivages, des collines. La nostalgie de nos vacances d’enfant, quand on avait l’impression qu’elles ne se termineraient jamais, qu’on continuerait à se baigner tous les jours, et que le soleil ne finirait jamais de se coucher.

Coucher de soleil sur la rade de Marseille

Pouvoir retrouver nos souvenirs, avoir le temps de laisser notre imagination s’évader, vagabonder, s’abandonner au gré de sa propre volonté, dans un rythme qui n’obéit plus à une stricte organisation vitale mais à un salutaire abandon de toute obligation.

C’est le temps de la rêverie, des longues siestes derrière les volets fermés, des anciennes photos dont on peine parfois à reconnaître les silhouettes. Personnages plus ou moins chers qui nous accueillent dans ce passé si tangible encore et qui réveillent les sensations rassurantes et bienveillantes de l’enfance heureuse. C’est le temps des cigales, des tamaris et des lauriers en fleurs. C’est le temps des baignades, des galets et des coquillages, des voiliers sur les flots argentés. C’est le temps des terrasses, des réunions de famille, des déjeuners sous les treilles, des balades le long des plages et du son puissant de la mer que l’on écoute la nuit.

 

Coucher de soleil sur la rade de Marseille

La mer. Celle de ma ville, de mon enfance et d’aujourd’hui. La mer Méditerranée. Et même si je me suis amusée dans les vagues de l’océan, rien ne peut égaler le plaisir intense que ma Mer donne à tous mes sens. Me baigner dans la Méditerranée, la regarder et l’entendre. Mes yeux se perdent en son horizon bleu, et supposent tous les possibles derrière les roches lumineuses qui scindent la mer et le ciel.

Le temps des voyages, mer à traverser, à longer, à respirer. On s’embarque pour d’autres contrées, réelles ou imaginaires et on rêve d’îles parfumées, de sable brûlant, de rochers lisses et blancs. Les rades superbes, les ports cosmopolites, les couleurs des maisons et celles des visages qui se croisent. Promesses de bonheur, de légèreté, de dépaysement. Et pourquoi pas, juste devant nos yeux. Il n’est pas toujours utile d’aller au bout du monde pour en découvrir sa beauté.

Juste devant mes yeux, la mer

Et ces îles, cette mer devant mes yeux, débrident mon imaginaire. C’est mon regard qui voyage.

Je me rappelle un poète : Louis Brauquier.

Poète marseillais du XXème siècle, poète, mais aussi peintre et photographe de la mer, de toutes les mers et les terres traversées. Poète nomade, chantant les rivages éloignés mais si fidèle au sien. Il revient sans cesse à son Port et nous évoque une Provence, un Marseille presque disparus, un peu surannés. On pourrait y croiser Marius, incapable de résister à l’appel de la Haute Mer, et récitant derrière son comptoir du Bar de la Marine les vers du poète des « îles lointaines ». Brauquier, poète marin, célébrant sa ville ouverte sur l’ailleurs, sa ville antique et mythique, aimée des dieux, refuge de tous les peuples, escale privilégiée de notre Mer Méditerranée.

Je relis ce poème de Brauquier et c’est à vous que je pense, mes amies.


Sylvie, août 2010.

1°photo : Le Patria à Alexandrie en 1938, Louis Brauquier. Coll. Amis de Louis Brauquier.

2°photo : Portrait de Louis Brauquier, Coll. Amis de Louis Brauquier.

Couverture et page 99 : Je connais des îles lointaines, Oeuvres complètes dont est tirées « Et l’au delà de Suez »(Marseille. Août 1919- Juin 1921), Louis Brauquier.

Liens à découvrir (en complément de la page d’accueil citée  sur le côté) :

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/RAF00008459/rencontre-avec-louis-brauquier.fr.html


http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPC95000583/louis-brauquier-je-connais-des-iles-lointaines.fr.html

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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