Demain, c’est aujourd’hui : de #BID10 à #MP2013

#BID10

27/28 novembre 2010, Week-end de visite à Saint-Étienne

Biennale Internationale Design 2010, du samedi 20 novembre au dimanche 5 décembre

#MP2013

Janvier 2011 : Bonne année 2011 de Marseille-Provence 2013, Newsletter

4 février 2011 : Présentation de la Saison Culturelle 2011 de la Mairie du 1er Secteur de Marseille, Grand Hall du Palais de la Bourse (CCIMP)

Biennale Internationale Design 2010 de Saint Etienne

En 2008, je suis allée pour la première fois à la Biennale du Design de Saint-Etienne avec Yves, le créateur des Graphistes de l’Ombre. Ce voyage organisé pour les adhérents me permit de découvrir une manifestation d’ampleur, joyeuse, généreuse et professionnelle. Je dois le dire la convivialité stéphanoise que j’apprécie à chaque fois que je viens rendre visite à ma sœur, a été une découverte pour mon ami. Il la met sur le compte du froid… Peut-être mais pas seulement. Mes premières visites du Musée de la Mine sous la neige, de la Cité du Design et du Musée d’Art et d’Industrie, me permettent de mesurer l’écart entre la multitude des approches, la rigueur, les moyens mis en œuvre dans le montage des expositions à St Etienne et les Musées de Marseille. Que je compare forcément. Nous en connaissons la raison, le manque de volonté sans doute un peu et surtout le manque de moyen. A mon retour, j’en parle à Agnès au téléphone, je lui décris surtout les cartels, les scénographies, les dispositifs multimédias associés aux collections très traditionnelles du Musées d’Arts et d’Industrie… Un Bijou !

Au cours l’été 2010 au Mans, j’évoque avec ma sœur Corinne, la possibilité de visiter la Biennale avec mes amies marseillaises. Elle invite Brigitte à venir. C’est une autre de mes amies très chères, nous avons été aux Beaux-Arts de Nantes. En octobre, nous organisons notre escapade. Et oui, c’est la première fois que nous voyageons ensemble. Et que Agnès, Brigitte, Corinne et Sylvie se rencontrent… Lors de notre première discussion sur le sujet, mes amies voyaient surtout une occasion d’être ensemble, ailleurs, le design n’est pas trop leur tasse de thé, une certaine indifférence… J’essaie brièvement de les convaincre du contraire, en leur faisant miroiter le Musée d’Art Moderne, pour les motiver.  Je savais que Saint-Etienne et la Cité du Design leur réserveraient de belles surprises.

Avec une certaine excitation, nous nous rencontrons sur le quai de la Gare de Saint Charles à 7h samedi 27… J’ai programmé la visite du Musée d’Art Moderne pour l’après-midi et un dimanche en immersion totale à la Cité du Design. A la sortie de la gare de Châteaucreux, nous sommes saisies par le froid. Agnès et Sylvie rencontrent Brigitte et Corinne au cours du déjeuner, nous les laissons admirer, des fenêtres de l’appartement, les monts du Forez ensoleillés et enneigés. Encore quelques instants au chaud avant notre sortie.

« La Terrasse » où se situe le M.A.M., est un espace dégagé valorisant le bâtiment vêtu d’une couverture de carreaux noirs à l’inverse de la Maison de Jean-Pierre Raynaud. L’œuvre monumentale, est imposante dans ce paysage urbain dégagé sur la nature, tel le monolithe d’Arthur C. Clarke. Une grande pelouse verdoyante accentue cette sensation, valorisant physiquement cette architecture de Didier Guichard, ce lieu ambitieux dédié à l’art. Les collections, les œuvres et les artistes emblématiques présentés dans ces hautes et vastes salles, impressionnent Agnès et Sylvie. L’une craque sur les néons de Bruce Nauman, Art & Language et les peintures de Gerhard Richter. L’autre, silencieuse, profite des œuvres sans être accaparée par la prise de vue de photographies (c’est interdit !). Brigitte, Corinne et moi, sommes déjà venues, et nous continuons sans nous lasser de revoir ces œuvres. Celles de Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg, Yves Klein, Andy Warhol, Jim Dine, Frank Stella, Donald Judd, Sol LeWitt, … La dimension internationale du musée nous impressionne, la comparaison avec Marseille encore, Corinne nous parle de l’implication de Casino, de donateurs et de mécénats. Sur le site je découvre, une photo de 1992, « Il n’y a pas d’un côté l’économique et de l’autre le culturel. Il n’y a que l’homme » Antoine Guichard, président du directoire groupe Casino. A Saint-Etienne, comme l’affirment plus que jamais les Musées de cette ville ouvrière (Mine, Manufrance, pétrochimie…), l’art et l’industrie sont fortement imbriqués. Le Musée d’Art et d’Industrie est depuis 1944 à l’origine de cet engagement (à la base politique) qui met en avant la vivacité socio-économique de la région, sans a priori intellectuel vis à vis du monde économique, sans dénigrement du monde culturel. Une synergie profitable, une valorisation de tous les acteurs qui se ressent dans l’accueil des visiteurs.

Finalement, notre visite se termine assez tôt, je propose le Musée de la Mine. Il nous reste du temps avant sa fermeture à 19h, même si la nuit ne va pas tarder. Ce musée d’ambiance, retrace l’époque révolue de l’exploitation des mines de charbon au sein même de ce patrimoine industriel, la biennale s’installe aussi ici, dans les hangars, la salle des pendus, les réservoirs… Cartes, maquettes, photos d’urbanisme, objets et installations de design prennent place dans des lieux ayant perdus leurs vocations premières. Brigitte est sensible au contact des œuvres avec les murs, elle prend quelques photos. Dans la salle des pendus, nous discutons avec un fils de mineurs, les bleus de travail et les casques jaunes suspendus sont comme des fantômes. Crescendos, le froid et la nuit continue à nous plonger dans l’atmosphère des Rougon-Macquart. Sylvie, est prof de littérature, ça aide. Pour atteindre le chevalement, nous devons traverser une passerelle suspendue au-dessus de deux citernes sonores (c’est une installation), Agnès est atteinte de vertige. Notre petit groupe isolé, sensible est complètement imprégné par l’humeur sombre de la mine.

Le lendemain, c’est tout le groupe qui est atteint de vertige. Nous commençons notre journée à la Cité du Design sise au sein de l’ancienne Manufacture d’armes. Encore le passé industriel de Saint Etienne. D’humeur joyeuse, nous nous laissons porter par les expositions, « Comfort », « La ville mobile », « Between reality and the Impossible », « L’Entreprise », « Demain c’est aujourd’hui #3 », « Process design », « Espagne, Belgique, Japon, Finlande et Chine » … De « La Platine » au bâtiments H Sud et H Nord, l’ambiance chaleureuse de la biennale nous contamine, c’est dimanche, jour de sortie familiale, la biennale n’accueille pas que des stéphanois.  Et nous nous  séparons, nous nous retrouvons, au gré de nos découvertes, nos intérêts, happées par tels objets, telles explications ou présentations. Nous faisons une pause déjeuner à un espace restauration, grandes tables, bancs et repas bio. Corinne nous retrouve au café avec mes neveux. Nous reprenons « L’Entreprise », « Demain c’est aujourd’hui #3 », « Process design », … Nous nous retrouvons en pleine réalité augmentée, notre univers s’enrichit d’objets nouveaux, incongrus, étonnants, d’un mi-vélo mi-boîte, de véhicules électriques, d’un artisan numérique… de perceptions visuelles, sonores multiples, des expériences qui nous perturbent, nous enchantent. Interpellées. Cette réalité augmentée qui nous annonce « Demain, c’est aujourd’hui », nous porte sur un petit nuage. Je songe à Marseille-Provence 2013. Rêvant d’un même dynamisme. Comme un mirage. Je pose la question à Agnès. — Si nous pouvions avoir la même chose pour 2013 ? « La lavande et les cierges » — La réponse fuse ironique me ramenant à la réalité marseillaise loin de son image d’Épinal.

Biennale Internationale Design 2010 de Saint Etiennne & Vue de Marseille

Une réalité qui n’a rien d’augmentée, qui par moment nous ramène à un gimmick, « le concept provençal » celui dont Mr Le Maire est si fier. Annoncés en 2011, Le Château Marcel Pagnol, Le Mémorial de la Marseillaise sont le signes de cette vision d’arrière-garde de la culture patrimoniale et  touristique. Agnès n’a pas tout à fait tort au fond, cette pic dénote d’un état d’esprit et d’une appréhension à l’encontre de cet événement européen et de la politique culturelle de la Ville de Marseille. Des doutes, que les entrepreneurs conscients que « sans les entreprises, pas de MP 2013 », ont aussi (Le Journal des Entreprises, 4/02/2011). Des doutes soulevés par l’engagement des politiques qui n’est pas spécialement sous le signe de la « coopération », pour reprendre le terme de Bernard Latarjet, directeur de Marseille-Provence 2013.

Pourtant comme tous les marseillais, les acteurs culturel et socio-économique, nous rêvons de ce moment et attendons beaucoup. Nous connaissons le programme, plus ou moins, nous nous sommes abonnées à la newsletter et puis au twitter de MP2013. Depuis plus de deux ans, nous avons au moins la chance de recevoir les vœux, c’est pas mal déjà, une newsletter par an ! Dès que j’ai reçu celle de janvier 2011, j’ai cliqué sur le lien découvrant une vidéo du montage des lettres lumineuses « MARSEILLE PROVENCE 2013 » sur la plus haute grue du chantier de l’Hôtel Dieu. Vue de Marseille à 360°, un ouvrier enthousiaste et chaleureux nous souhaite « Bonne Année ! », un autre message s’affiche « En 2011 construisons ensemble la capitale ». #MP2013 prend de la hauteur et rejoint #PlusGrandChantierd’Europe, une grande nouvelle a deux ans de l’échéance.

Nous gardons espoir ! La présentation de la saison culturelle de la Mairie du 1/7 au Palais de la Bourse, avec la présence des principaux acteurs institutionnels et des acteurs culturels sur la scène et dans le hall, sous les hors de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille Provence, avait tout d’une messe. Agnès et moi avons pu être rassurées par les questions et les réponses des intervenants. Une discussion faussement décontractée en pleine réalité augmentée. Et au moment de la collation les langues se délient, l’envers du discours nous a ramenées à un peu plus de lucidité. Des musées en pleine rénovation, en panne d’expositions très bientôt, une directrice qui s’en va. Des bibliothèques sans direction. Un Silo terminé extérieurement. Le Mucem en chantier…

Pourtant « Demain, c’est aujourd’hui ».

Laure, Marseille, 6/8  février 2011.

Marseille-Provence 2013

 

Liens :

http://www.biennale2010.citedudesign.com/

http://www.marseille-provence2013.fr/v2011/

A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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