Voyages au Château Imaginaire #1

11 août 2011, visite du Château de Chaumont-sur-Loire, Vallée de la Loire classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Château de Chaumont-sur-Loire, Vallée de la Loire classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO

Pendant ces vacances, j’ai, à nouveau, parcouru les allées des jardins du Domaine de Chaumont. Déjà l’année dernière, j’avais envisagé cette opportunité en le quittant. Malgré « L’Œil de l’oubli » d’Anne et Patrick Poirier, j’étais restée sur ma faim de n’avoir pu visiter le château et le parc de sculptures d’art contemporain.

C’est pourquoi cette année je m’étais focalisée sur cette partie du domaine plus que sur le Festival des Jardins. En mettant en ligne sur ce blog et sur la page d’événement de FaceBook notre participation aux Journées Européennes du Patrimoine, je mettais en préambule aux commentaires : « Déjà une petite idée de l’article ! ;))) Peut-être un voyage temporel au Domaine de Chaumont-sur-Loire … ».

Visiter le Château fut effectivement un voyage dans le temps passé, dans l’histoire de femmes renommées aussi, Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Madame de Staël, la Princesse de Broglie (Marie-Charlotte Constance Say)… Dans notre imaginaire, le château est indissociable des princesses, des princes charmants et des chevaliers. La forteresse médiévale ou le palais de la Renaissance ont leur part de rêves et de symboliques romantiques. Les cartes postales de ces vestiges envoyées à nos amis, gardent cette nostalgie du voyage passéiste pour notre patrimoine magnifié. Il reste symboliquement le représentant des puissances de la guerre, de la noblesse, de la richesse… De la forteresse à la demeure d’agrément, ce château de carte postale a traversé le temps, le Moyen-Age, la Renaissance, les Lumières, le Romantisme, la Belle époque… Pour être finalement acquis par l’État en 1938. Comme Sylvie au Centre Andalou d’Art Contemporain de  Séville, j’ai voyagé dans un « patrimoine remarquable … mis en valeur… par la considération accordée à l’Art Contemporain ». En 1992, le Domaine de Chaumont devient le premier Centre d’Arts et de Nature. Ici, les événements culturels voués à la création contemporaine s’inscrivent dans le sillage des fantômes de passage, des astrologues, Nostradamus, Ruggieri, des ambassadeurs américains comme Benjamin Franklin, des intellectuels politiques, Benjamin Constant, Madame de Récamier, des souverains d’Europe et d’Orient, Edouard VII d’Angleterre, Don Carlos du Portugal, des maharadjas de Kapurthala, de Patiala, des artistes, Francis Poulenc, Sarah Bernhardt… L’histoire du château m’a permis de prendre conscience de son rayonnement tant régional qu’international.

Ailleurs ici de Sarkis (commande exceptionnelle de la région Centre faite à  Sarkis, du 08 avril 2011 au 31 décembre 2014, Château de Chaumont-sur-Loire)

Visiter le château m’a permis aussi d’avoir une bonne surprise, et d’en révéler d’autres dimensions, plus proches encore de sa réalité historique et sociale et de ses occupants, anonymes ceux-ci. « Ailleurs ici » de Sarkis fut cette bonne surprise, c’est vrai que cette œuvre vient prolongé la réflexion de mon précédent article « L’Œil de l’oubli ». Sarkis a installé des vitraux devant les fenêtres des chambres de bonnes. (Ceux-ci n’étaient présents que dans les salles et les chambres des propriétaires pour relater surtout scènes religieuses et faits d’armes). L’artiste a souhaité laisser ces lieux à l’abandon, dans l’état dans lequel il les avait visités, tranchant encore avec la scénographie soignée des appartements historiques et privés. L’installation rend hommage tant à l’espace des domestiques qu’à l’Histoire mondiale dans laquelle s’inscrit le château, hors de son passé prestigieux. Les vitraux magnifient chaque pièce, comme dans une cathédrale, chaque chambre devient une chapelle. Les objets préexistants et intégrés à l’œuvre, sous ce nouvel éclairage, deviennent sacrés. Les images des vitraux racontent une histoire bien plus réelle que celle d’Adam et Eve ; le paysage enneigé vu d’une petite fenêtre du Château de Chaumont, un palais à l’abandon au bord d’un étang à Ahmadabad, 12 bougies dans une vieille église en Arménie,  la mort qui ressuscite dans un film de Dreyer, le visage d’une danseuse Indienne sous la pluie, le visage d’un homme en très gros plan qui nous regarde… l’architecture du Musée Juif à Berlin de Libeskind. (Énumération dans « Sa vision » sur le site du Domaine de Chaumont). Dans ce Musée imaginaire de Sarkis, « Les vitraux ne racontent pas une histoire, ils sont ouverts à l’histoire de notre monde, à des milliers et à des milliards d’images ». C’est comme si des cartes postales avaient voyagé du monde entier pour éclairer l’obscurité du château et rendre visible ces chambres de bonnes inconnues du grand public.

 Laure, Marseille, Septembre 2011.

Pour en savoir plus : 
Ailleurs ici de Sarkis au Domaine de Chaumont-sur-Loire 
La vision de Sarkis (Texte personnel)
 
Mise à jour le 26 juillet 2012 : L’ajout de #1  au titre original « Voyage au Château Imaginaire » fait suite à la visite du Château d’Avignon et au nouvel article « Voyage au Château Imaginaire #2 », en découlant, créant ainsi une suite.

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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