Un jeu de piste. Exposition H.L.M. Association Astérides

Il s’agissait d’une histoire de science-fiction, chronologiquement je le savais, j’avais lu le flyer. Cependant toute explication sans avoir vu l’exposition reste énigmatique. De plus, prise par la tourmente frénétique d’Art-O-Rama et de ses réjouissances associées j’oubliais cette information. Ensuite, ce qui apparaît  comme une révélation n’est en fait que le résultat du travail souterrain de l’inconscient. L’esprit est parfois facétieux.

            Samedi 3 septembre à 11 heures nous nous rendons dans les locaux de Marseille EXPO, qui présente, hors les murs, l’exposition programmée par l’association Astérides. Plus exactement une exposition réalisée à partir de l’initiative et de la volonté des trois résidents de l’association avec la collaboration de la commissaire d’exposition Camille Azaïs. Nous sommes accueillies par un des jeunes artistes qui commente généreusement et pour nous les œuvres exposées et c’est ainsi que nous devisons tranquillement autour de l’art, la culture et les projets de chacun.

"The possibility of immortality'cocoon" M. Barrio Nuevo, "Coated boat" R. Groussin, 3Coated containers" R. Groussin

Plus tard,  repensant à cette exposition je sens bien qu’il y a un fil à tirer. Les œuvres exposées ont une cohérence et s’interpellent, ne serait-ce que par l’utilisation qu’elles font chacune de l’un des cinq éléments. En laissant dériver  mes pensées, mes ressentis se libèrent et ce qui étaient des œuvres esthétiques et autonomes prennent un sens nouveau.

Pièces de Rémi Groussin et Mathilde Barrio Nuevo

 C’est ainsi que la piscine en plastique proposée par Mathilde Barrio Nuevo n’est plus seulement la représentation d’un jeu d’esprit de l’artiste mais devient le réceptacle aqueux de la prophétesse du film de Steven Spielberg « Minority Report » ; le fragment suspendu d’un escalier de bateau, de Rémi Groussin devient le vestige d’un vaisseau spatial étrangement rongé par le sel, les poubelles retournées et en terre du même artiste ne sont plus seulement des possibilités de sculpture mais les sentinelles du lieu.

"Entrelacs" L. Uhlrich, "Coated containers" R. Groussin, "The possibility of immortality's Cocoon" M Barrio Nuevo

 Lieu, qui dans mon esprit devient une crypte. Dans la pénombre et inscrit dans le mur, la peinture de Lucille Uhlrich apparaît alors comme le symbole indéchiffrable d’une civilisation disparue à moins que la vie que l’on perçoit à l’intérieur du cocon, plus loin, n’en soit l’ultime représentant. ? Et en effet, à même le sol, un cocon (pièce de M. Barrio Nuevo) suinte, sa seconde « peau » translucide est tendue sous la poussée d’un être à venir. Sera-t-il ami ou ennemi comme celui terrifiant du film de Rydley Scott « Alien, le 8ème passager » ? Vision qui me fascine et me répugne encore aujourd’hui.

Vue des pièces de Mathilde Barrio Nuevo et Rémi Groussin

Telles sont mes références, telle est ma réinterprétation. Je relis le flyer et constate qu’il s’agit bien d’un scénario prétexte à déclencher l’imaginaire du spectateur. Bien joué, pari tenu ! Les œuvres exposées se sont transformées en éléments de rébus pour configurer une installation globale et devenir la proposition d’une sémiologie possible de notre époque nourrie de science-fiction. Et en effet elles font  émerger en nous des images en-deçà de notre conscient. Bien entendu mes références qui ont ici étaient convoquées ne correspondent pas exactement à celles dévoilées par les artistes… mais peu importe. Le questionnement sur les nouveaux territoires de la science-fiction m’interpelle à plus d’un titre. Et ce n’est pas tant le talent d’un auteur du genre à imaginer un monde futur qui retient mon attention, mais plutôt sa capacité à anticiper sur les dérives de nos sociétés et à jouer de nos peurs archaïques. En fait son regard critique sur notre monde promis bien souvent au chaos, à moins qu’il n’ait encore une fois la chance de recommencer…un homme et une femme, etc.…

Agnès, septembre 2011.

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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