C’est la rentrée ! Art-O-Rama 2012…

          On y est, c’est la rentrée. L’été 2012 s’achève. Un été pour moi magnifique, avec ses balades culturelles dans les festivals, les expositions, les concerts proposés par notre région, avec ses journées entre amis, à la plage, sur les terrasses brûlantes, autour d’un verre, dans la douceur des soirs parfumés et tièdes. Un été 2012 rendu merveilleux par la découverte d’une île grecque à la beauté étourdissante, inoubliable villégiature où je me suis enivrée de mer, de ciel et de soleil, de toutes les « nourritures terrestres » que les Cyclades peuvent offrir. Un été qui m’a reposé le corps et l’esprit, libéré de toutes les tensions accumulées des mois durant et qui m’a donné à coup sûr, énergie et vitalité. En tout cas, le 31 août, la semaine dernière, j’étais bien  impatiente de replonger dans la vie culturelle de notre ville, et quoi de mieux que de retrouver mes amies Laure et Agnès pour l’ouverture symbolique et rituelle de nos périples artistiques : Art-O-Rama, Salon International d’Art Contemporain.

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Art-O-Rama, Salon International d’Art Contemporain, Marseille, 31 août, 16 septembre 2012

   Un peu excitées et volubiles – nos vacances à nous raconter – nous voilà à traverser la ville toujours en travaux, le Port en pleine métamorphose, pour rejoindre, sous un mistral violent annonciateur de l’automne à venir, la Friche la Belle de mai où se déroule le vernissage de l’évènement. Chaque année, un peu plus de monde, c’est ce dont nous nous rendons compte, et pour l’édition 2012, du 31 août au 16 septembre, le public est venu nombreux. Nous sommes plutôt agréablement surprises par le succès de ce salon et l’engouement qu’il suscite. C’est tellement encourageant pour la « grande Année  2013 », celle de tous nos espoirs culturels, nous voulons tant que notre cité tienne ses promesses. Et elle le doit. Il en va de la survie même de cette ville, de la place qu’elle pourrait tenir au sein de l’Europe, une ville avec un potentiel si incroyable, il ne faut rien gâcher. Alors nous bravons les bourrasques trop froides pour la saison pour au plus vite pénétrer La Cartonnerie et enfin nous réchauffer au milieu d’une foule de visiteurs. Foule disparate, composée de gens de toutes sortes, de tous âges, d’amateurs éclairés, de galeristes avisés, de collectionneurs attentifs, d’artistes engagés et inspirés (ou moins), et aussi de badauds curieux de fréquenter un monde somme toute difficile d’accès : l’Art Contemporain.

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Des Galeries venues des quatre coins du monde

     Le programme dans une main, l’appareil photo dans l’autre, nous commençons notre périple. Un vrai dédale, cette grande salle de la Cartonnerie, dans laquelle il m’est bien difficile de me frayer un chemin, car la foule est dense et l’organisation aléatoire. Pas évident, en effet, de repérer les noms des Galeries invitées et des artistes exposés, de prendre le temps de suivre une vidéo, de s’approcher d’une œuvre, de suivre une performance, de se concentrer sur des images, des installations. L’aménagement laisse peu de place à la concentration. Et je me sens légèrement oppressée en même temps qu’amusée parfois. Il faut lever haut les yeux pour apercevoir les noms des galeries et leur ville d’origine mais tout ce joyeux désordre est à l’image d’un cosmopolitisme  bienveillant et prometteur.

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Baisser et lever les yeux dans une joyeuse confusion

     Et pour peu qu’on se rapproche d’une œuvre pour mieux l’appréhender ou simplement parce qu’elle attire notre œil, il y a toujours un galeriste loquace (et souvent charmant) pour nous expliquer le pourquoi du comment. Un peu trop disert parfois, car à force de décortiquer la démarche de l’artiste, d’expliquer ses objectifs, ses motivations, de donner les clefs exactes de l‘œuvre, une lecture méthodique, rationnelle, cela finalement a chez moi un effet un peu pervers. A savoir que plus on cherche à me préciser le sens de l’œuvre, plus je m’en éloigne, moins elle ne m’interpelle. J’ai toujours détesté les visites commentées dans les Musées. Ca m’ennuie, ça m’ôte la concentration que je porte à l’œuvre, ce que j’y vois, j’y lis, ça bride mon imaginaire, ça étouffe mes émotions. Alors, je m’évade, je fais semblant d’écouter mais je n’entends rien. Soit la visée argumentative d’une œuvre artistique engagée est assez forte pour se passer de commentaires, soit, selon moi, elle doit laisser celui qui  regarde décider de ce qu’il veut bien découvrir. De plus, je dois avouer qu’entre le discours très élaboré d’un aimable galeriste et « l’œuvre » exposée, il y a souvent antinomie. Plus l’œuvre est minimale, plus le commentaire est long. J’ai l’impression qu’il faut persuader le sceptique, qu’il faut le convaincre de l’évidence de l’  « œuvre d’Art ». Mais c’est le jeu, et je me montre intéressée. Et puis, je dois reconnaître qu’un éclairage est souvent bienvenu … dans l’Art Contemporain.

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Des séries figuratives …

      Car je me demande souvent, en regardant les œuvres, de quel  véritable espace de liberté créative, les artistes disposent aujourd’hui. Que peuvent-ils trouver qui n’ait pas déjà été trouvé ? Que peuvent-ils représenter qui ne l’ait été mille et mille fois ? Quels supports ? Quelles techniques ? Comment se différencier ? Quelles images à offrir à un public plus que repu ? Alors oui, évidemment, ne pas s’abaisser à faire du « joli », du « décoratif », laissons cela aux artisans de tous horizons ou aux « architectes d’intérieur », voire aux « designers ». L’artiste se doit d’être un messager, un utopiste, mais aussi un témoin de son temps, par son art il doit nous confronter à nos propres peurs, nos questionnements, réveiller nos consciences, bousculer nos croyances, insister sur nos contradictions mais je voudrais aussi qu’il soit encore capable de faire naître en moi une émotion, une vague irrépressible de sensations qui me rappellent soudain que je suis vivante.

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… et d’autres séries abstraites.

     Et ce n’est pas évident au milieu du brouhaha, du va et vient incessant de gens qui se pressent autour des stands, passant rapidement de l’un à l’autre, comme des consommateurs rétifs à se poser. Certes les vernissages sont peu propices à la contemplation, à la réflexion, et comme les autres, je papillonne au hasard, soucieuse de tout voir, laissant mon regard se divertir, se réjouir si possible ou se moquer aussi, avec l’espoir implicite d’être conquise par l’inattendu.

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Un polaroid géant comme miroir

      Mais je repars bredouille. En effet, même si je suis satisfaite de m’être confrontée aux travaux, pour certains engageants, de jeunes artistes, rien de tout ce que j’ai vu ne m’a particulièrement exaltée. A vrai dire, je serais bien incapable de me rappeler une œuvre vraiment forte, vraiment originale, vraiment percutante. Je ne veux en rien dénigrer la valeur de ce Salon d’Art Contemporain, au contraire, je ne souhaite que sa pérennité, et qu’il s’ouvre au plus grand nombre de Galeries et d’artistes. Alors, un Art-O-Rama attrayant, un poil pittoresque et underground dans un contexte typiquement urbain, encore insolite au regard de notre ville toujours accrochée à son folklore, mais selon moi, manquant trop de rigueur et de vrais moyens pour éveiller une réelle connaissance et reconnaissance de l’Art Contemporain.

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Beaucoup de monde pour cette édition 2012

     Et voilà, après deux bonnes heures passées à déambuler en essayant de ne pas se perdre de vue, poussées par un vent de plus en plus cinglant, mes amies et moi regagnons rapidement la sortie, à peine déçues de ne pouvoir nous restaurer dans un restaurant réservé aux VIP. Le temps a passé vite, tout de même, et nous nous séparons  ravies de notre première sortie culturelle de cette rentrée. Rentrée prometteuse, porteuse d’une énergie que nous espérons constructive et stimulante.

                Sylvie, septembre 2012

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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2 commentaires pour C’est la rentrée ! Art-O-Rama 2012…

  1. J’ai aussi détestés les visites commentées dans les Musées.
    « mais je voudrais aussi qu’il soit capable de faire naître en moi une émotion… » Tout à fait d’accord. Merci pour ce regard sensible.

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