Journée inaugurale de Marseille-Provence Capitale Européenne de la Culture

« Que la fête soit ! »

 Alors oui bien sur nous sommes fébriles, nous sommes enthousiastes, nous avons envie que Marseille nous prenne et nous surprenne…Mais notre excitation ne réside pas dans un espoir vague, car Marseille,  ville pétrie de paradoxes surtout lorsqu’il s’agit de culture, nous a habitué à souffler le chaud et le froid. Non, ce que nous ressentons c’est une lame de fond, celle qui va submerger la ville mettant fin à plusieurs années d’attente, de polémiques, de rebondissements et d’inquiétudes…Marseille en éternel chantier et qui l’est toujours en ce samedi 12 janvier 2013…

La Tour Jobin et le Panorama: la Tour-Panorama,  à La Friche de la Belle de Mai.

La Tour Jobin et le Panorama: la Tour-Panorama, à La Friche de la Belle de Mai.

Plusieurs parcours sont possibles et nous choisissons de commencer par la Friche de la Belle de Mai. Nouvellement rénovée et créée, la bien nommée Tour-Panorama, composée par l’ancienne Tour Jobin à laquelle s’ajoute un gigantesque cube blanc est maintenant un lieu entièrement dédié à l’art contemporain. Il accueille pour l’occasion l’exposition  Ici, Ailleurs.  Un titre aux résonnances familières,  The Mediterranean Approach, Les Orientalistes, Ici et Là-bas, autant de titres d’expositions qui nous rappellent sans cesse la situation portuaire de Marseille et nous ramènent aux deux rives de la Méditerranée. Revenant rituellement comme une litanie obsessionnelle, ils enferment la ville dans un horizon qu’il serait pourtant utile de dépasser si Marseille ambitionne d’accueillir le Monde ! Il faut lire à ce propos l’article L’ambition capitale de La Friche de la Belle de Mai à Marseille dans lequel le directeur de la Friche, Alain Arnaudet  souhaite que les projets développés prennent maintenant en compte l’Asie, l’Amérique Latine et les Etats-Unis, afin de renforcer « le rôle de médiateur dans la coopération des peuples ». Un bien bel objectif en effet tant il est vrai que les artistes sont des passeurs. (Personnellement  la lecture des romans de Jim Harrison m’en a appris bien plus sur l’Amérique que n’importe quel livre de géographie ou d’histoire). Ici, aujourd’hui le rôle se confirme. Et en effet l’exposition qui regroupe trente-neuf artistes pour la plupart issus du pourtour méditerranéen : Afrique du Nord, Liban, Palestine…, nous offre leur point de vue parfois engagé, en résistance, quelquefois se sont des témoignages  mais toujours un questionnement sensible sur l’état de leur pays et des hommes et des femmes qui les peuplent ; Et parfois lorsque l’œuvre est réussie ce n’est pas seulement des nouvelles de leur monde mais du Monde et de l’Humain que nous recevons. Notre horizon personnel s’élargit, notre connaissance de l’autre s’approfondit et nous nous réjouissons de constater que le langage de l’art contemporain et les nouveaux médiums qu’il autorise permettent aux artistes de dépasser les frontières afin de rendre audible leur expression.

Akram Zaatari (vidéo), Hrair Sarkissian et Mouna Karray (photographies).

Akram Zaatari (vidéo), Hrair Sarkissian et Mouna Karray (photographies).

Donc trente-neuf artistes et autant d’œuvres qui se déploient sur trois niveaux auxquels se rajoute l’immense salle du Panorama. Tous ces espaces sont maintenant blancs, lumineux, chauffés, fonctionnels, structurés, professionnels…Tellement loin de l’ancien dédale trash dans lequel j’aimais me perdre que je m’incline devant tant de maîtrise…Cependant un sentiment de nostalgie un peu imbécile m’envahit et j’avoue garder en moi l’ancienne Friche comme on garde jalousement un souvenir d’enfance : elle restera le lieu privilégié d’émois et d’expériences liés à l’art contemporain, un lieu urbain déjanté, expérimental, en résistance, anarchique parfois mais une terre d’aventures et de courage.

Vue du Panorama à la Friche de la Belle de Mai, 12 janvier 2013.

Vue du Panorama à la Friche de la Belle de Mai, 12 janvier 2013.

Ainsi La Friche a grandi et pour ses nouvelles épousailles avec la cité phocéenne ses immenses terrasses offrent au public une vue sublime. Nous, nous lui souhaitons tout le bonheur du monde.

Agnès, janvier 2013.

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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4 commentaires pour Journée inaugurale de Marseille-Provence Capitale Européenne de la Culture

  1. Un très bel objetif « Le rôle de mediateur dans la coopération des peuples ». Et très interesante l’article « L’ambition capitale de la Friche… » j’ avoue, je suivais le feuilleton  » Plus belle la vie » parceque j’aime Marseille et La Provence. et pour écouter le français…Amitiés.

    • AssociatEyes dit :

      Oui un bel objectif et souhaitons que le lieu et les intentions ne souffrent pas et ne s’émoussent pas devant les difficultés, financières entre autres.Histoire à suivre… Amicalement.

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