Marseille en Perspective(s)

25 février 2013, Palais de la Bourse (Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille Provence), La Canebière…

Détournement de Canebière de Pierre Lavigne. Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille Provence & Marseille-Provence 2013 (Lieux Publics – centre national de création, ATHEM)

Détournement de Canebière de Pierre Lavigne. Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille Provence & Marseille-Provence 2013 (Lieux Publics – centre national de création, ATHEM)

« Une brèche s’ouvre dans la certitude de nos architectures mentales. A moins que tout ne soit vrai. » (Pierre Delavie, artiste plasticien).

Une brèche si évocatrice d’une prise de conscience et d’un état d’esprit entre mes souvenirs, le présent et le futur annoncé. Une brèche ouverte par la réponse de Didier Gourvennec-Ogor, citant Roger Pailhas, il me rappelle les années 90. Moment où je fréquentais sa galerie du Cours Julien, j’y emmenais ma fille âgée de quelques mois voir une exposition de photographies, j’y avais découvert le Pavillon des enfants de Dan Graham et Jeff Wall, la poésie de Richard Baquié… A l’époque la vie culturelle se déroulait presque exclusivement au sud de l’axe historique de La Canebière, dans un triangle entre le Palais Longchamp, le Musée Cantini, et le Musée d’Art Contemporain. Peu à peu entre les années 80 et 2000, avec la Vieille Charité, le Frac Paca… des théâtres, des scènes musicales, le triangle s’est épanoui vers le nord.

Cette brèche, temporelle, géographique, s’approfondit durant notre visite de l’exposition « Trésor des Marseillais » au Centre de la Vieille Charité. Sylvie, tout à son aise dans la culture de la Grèce Antique, nous éclaire sur l’Histoire de Marseille, de son essor économique, de son dynamisme et de son rayonnement avant sa décroissance médiévale. J’apprécie de redécouvrir une exposition d’archéologie dans la chapelle de Pierre Puget. J’ai toujours en mémoire plus de 300 objets nous contant l’Histoire de « L’Egypte Romaine, l’autre Egypte » (Musée d’Archéologie méditerranéenne, 1997), mettant en scène celle de Cléopâtre et César. D’une époque à l’autre, la scénographie évolue ; moins d’objets, moins de cartels et plus de dispositifs transmédias (photographies, projections, reconstitutions numériques, reproduction du contexte, décors réalistes, sons…). La muséographie contemporaine arrive enfin à Marseille. Une contemporanéité que nous retrouvons dans l’œuvre photographique de Josef Koudelka. Ces images de ruines, de temples, de sites archéologiques sont étonnamment vives ; les compositions des lignes et des volumes, les jeux de lumières contrastées, la puissance des constructions ravivent des lieux désormais inhabités. Une vivacité en parfaite adéquation avec celle que nous ressentons dans notre métropole en ce début d’année 2013.

Capitale Européenne de la Culture, Marseille s’affirme à nouveau en révolution, les grues de toutes parts montrent cette effervescence, une frénésie de constructions et d’édifices muséaux, culturels, industriels, d’enseignements… annonciateurs d’une renaissance culturelle, d’un changement historique, urbanistique et socio-économique.

23 janvier 2013, Marseille de la ville à la métropole, Hall Gaston Castel….

Marseille de la ville à la métropole, un demi siècle d’histoire urbaine, Agam (Agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise),  24 novembre au 9 mars 2013, Hall Gaston Castel

Marseille de la ville à la métropole, un demi siècle d’histoire urbaine, Agam (Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise), 24 novembre au 9 mars 2013, Hall Gaston Castel

Une exposition de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise au Hall Gaston Castel retrace ces révolutions récentes de 1962 à 2012 (et bien plus). Dans ce bel espace resté confidentiel ; une ambiance feutrée créée par une lumière diffuse, en bas une présentation chronologique, en haut de grands écrans entre chaque pilier. Lidia et moi avançons vers le fond de la salle, nous nous asseyons pour regarder différents films. Ils présentent par période, par thématique la modernité de notre ville et le futur de notre métropole. A chaque rénovation, chaque transformation urbaine, des projets et puis des réalisations… La lumière des projections éclaire les transformations de La Porte d’Aix, des plages du David et de la Corniche, du Port Autonome, de la Tour CMA-CGM, et des suivantes… Euroméditerranée 1 & 2.

Une brèche s’ouvre à nouveau, avec cette amie, nous allons régulièrement à des conférences, des rencontres d’urbanisme. Lors de l’une d’elles au Musée d’Histoire, un intervenant évoque le problème de façade de la Gare Saint-Charles (l’escalier monumental fut construit plus tard vers le boulevard d’Athènes à l’angle de la gare et non en face). Un trouble d’orientation apparaît ainsi. La magnifique extension récente, en créant avec ces piliers monumentaux une nouvelle façade, vient rectifier ce décalage en débouchant sur le boulevard Nedelec et sur une vue du Hall Castel et de la Porte d’Aix. Je me souviens aussi de la vision de Rudy Ricciotti de Marseille (Promenades d’architecte, France 5, SCEREN-CNDP) ; une ville  entre mer et montagne tournée vers l’intérieur.

Marseille, ville méditerranéenne,  désoriente et c’est bien normal. Quand, par exemple, on lézarde tranquillement à la plage du Prado (plages Gaston Defferre), rêvant au delà de l’horizon, on imagine à tort le nord de l’Afrique en face. La Méditerranée borde l’ouest de la commune, toutes les transformations récentes de la Métropole visent du Sud au Nord à réaffirmer et rééquilibrer cette immense façade, la mettre en harmonie avec sa baie radieuse et ses habitants. Une Perspective annonciatrice d’une Renaissance…

Laure, Marseille, 25  février au 14 mars 2013.

D'après la  couverture de " L'Invention de la Ville Moderne " de Philippe Cardinali (Les Essais, Editionds de la Différence) : Anonyme, La Cité Idéale, c; 1490. Ecole de Piero della Francesca, Cité idéale avec temple circulaire, c. 1470. Anonyme, Perspective architecturale, fin du XVe siècle.

D’après la couverture de  » L’Invention de la Ville Moderne  » de Philippe Cardinali (Les Essais, Editionds de la Différence) : Anonyme, La Cité Idéale, c; 1490. Ecole de Piero della Francesca, Cité idéale avec temple circulaire, c. 1470. Anonyme, Perspective architecturale, fin du XVe siècle.

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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2 commentaires pour Marseille en Perspective(s)

  1. Très beau moment pour aller à Marseille! Amitiés

  2. Très beau moment pour aller +a Marseille! Amitiés.

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