Escale à Aix-en-Provence : « Cadavre exquis, suite méditerranéenne »…

              Notre voyage autour de la Méditerranée se poursuit. Cette fois-ci, c’est un peu à l’intérieur des terres, à Aix-en-Provence,  que nous faisons escale. Au Musée Granet qui offre jusqu’au 13 avril son bel espace à 15 artistes contemporains pour l’exposition collective : « Cadavre exquis, suite méditerranéenne ». Evidemment le titre de l’exposition me renvoie à la pratique surréaliste et je suis bien curieuse de deviner quelle démarche originale va se dévoiler sous mes yeux.

« Cadavre exquis, suite méditerranéenne » au Musée Granet

« Cadavre exquis, suite méditerranéenne » au Musée Granet

       Presque impatientes, nous gravissons les marches pour pénétrer le Musée avec l’autorisation exceptionnelle et gracieuse du Chargé des Relations avec la presse de prendre des photos de l’exposition. Nous lui en sommes fort reconnaissantes d’autant que c’est pour nous comme une récompense, une sorte de légitimation de notre activité de blogueuses de plus en plus averties.

      Regards croisés de photographes, écrivains, chorégraphes, vidéastes, peintres, musiciens, sculpteurs. Tous issus du pourtour méditerranéen, ils nous racontent à travers leurs objets artistiques leurs propres obsessions. Depuis plusieurs mois et bien avant l’ouverture officielle de Marseille-Provence 2013, nous avons pu constater la grande vitalité et la diversité de nombreux artistes euro-méditerranéens qui participent par leur force créative à l’échange et au dialogue de cultures à la fois diverses et similaires. Evidemment, je pense à l’exposition « Ici, Ailleurs » présentée jusqu’au 31 mars à la toute récente Tour-Panorama de la Friche La Belle de Mai. Là, nous avions déjà été si bien transportées d’une  rive à l’autre, d’un artiste à l’autre, dans un espace certes dédié à l’Art Contemporain, et très dissemblable de celui du Musée Granet, que je me demande quels nouveaux territoires nous pourrions bien découvrir dans cette « suite méditerranéenne ».

Ohran Pamuk, Extrait d’un carnet intime, 2012 - Diana Al-Hadid, Build from our Tallest Tales, 2008 - Nourredine Ferroukhi, Mes Grotesques, 2012 - Marwan Rechmaoui, Sketch, 2012 - Philippe Favier, Sciophiligrane (détail), 2011

Ohran Pamuk, Extrait d’un carnet intime, 2012 – Diana Al-Hadid, Build from our Tallest Tales, 2008 – Nourredine Ferroukhi, Mes Grotesques, 2012 – Marwan Rechmaoui, Sketch, 2012 – Philippe Favier, Sciophiligrane (détail), 2011

  Or une surprise m’attend dès le début de la visite. Je lis deux phrases tracées sur un mur. Ce sont les mots d’Ohran Pamuk, célèbre écrivain turc, prix Nobel, dont j’ai lu un magnifique roman : « Le Château blanc ». Je découvre « son plaisir de peindre » sur la reproduction d’un de ses carnets  et l’homme lui-même, sur un écran, un livre à la main.  Puis, d’une salle à l’autre, d’autres œuvres m’intriguent : la sculpture monumentale de Diana Al-Hadid, les oniriques peintures sur bois de Nourredine Ferroukhi, l’installation rigoureuse de Marwan Rechmaoui, les photographies découpées de Philippe Favier. D’autres m’amusent, m’étonnent comme la cocasse mais dérangeante installation multimédia de Sharif Waked ou le spectaculaire banquet-performance de Lia Lapithi. D’autres encore me séduisent, les envoûtantes projections murales des derviches tourneurs de Moataz Nasr, la mystérieuse installation sonore et visuelle de Georgia Spiropoulos. D’autres enfin m’interpellent telles les troublantes et expressives photos fragmentées d’Ilias Poulos ou les frénétiques images de la récolte d’olives de Sigalit Landau.

Sharif Waked, Gaza Zoo, 2012 - Lia Lapithi, Love Dinner, 2012 -  Moataz Nasr, Merge et Emerge, 2011 - Georgia Spiropoulos, Geografia Sonora, 2012 - Ilias Poulos, Memosis (détail), 2012 - Sigalit Landau, Soil Nursing, 2012

Sharif Waked, Gaza Zoo, 2012 – Lia Lapithi, Love Dinner, 2012 – Moataz Nasr, Merge et Emerge, 2011 – Georgia Spiropoulos, Geografia Sonora, 2012 – Ilias Poulos, Memosis (détail), 2012 – Sigalit Landau, Soil Nursing, 2012

      Encore une fois, tout au long de cette balade aléatoire entre ces diverses productions artistiques, entre ces multiples sensibilités, je suis frappée par la volonté de retrouver au-delà des frontières, au-delà de la Méditerranée qui nous sépare mais nous relie, au-delà des différences de chacun, des divergences et des contradictions, une sorte de fil conducteur, une cohérence commune. Peut-être un « cadavre exquis » pour nous rappeler nos indissociables passés et avenirs. Et notre présent, surtout. C’est cela aussi, le pouvoir de l’Art, nous faire ouvrir les yeux sur nous-mêmes pour mieux voir les autres.

           Sylvie, mars 2013

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Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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3 commentaires pour Escale à Aix-en-Provence : « Cadavre exquis, suite méditerranéenne »…

  1. J’aime beaucoup; beau texte. Amicalement.

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