Matta à Cantini, « du Surréalisme à l’Histoire »

Un Musée Cantini depuis peu rénové, (© sylvie puech 2013)

Un Musée Cantini depuis peu rénové, (© sylvie puech 2013)

Exposition MATTA pour la réouverture du Musée Cantini

Exposition MATTA pour la réouverture du Musée Cantini

           Certes, il nous a fallu deux mois pour nous décider à aller (re)découvrir le Musée Cantini et l’exposition qui marque sa réouverture en cette année prolifique de Marseille-Provence 2013 : « MATTA, du Surréalisme à l’Histoire ». Il faut dire que j’étais un peu rétive, pas vraiment attirée par l’œuvre de Roberto Matta pour laquelle Agnès et Laure montraient toutefois un certain intérêt. En effet, dans le cadre des manifestations culturelles de l’année, s’inscrit l’appartenance du peintre chilien au mouvement surréaliste, auquel est liée l’histoire de notre ville, et c’est justement ce qui me rend dubitative, car ce mouvement artistique ne m’enthousiasme plus guère… Mais nous voilà donc décidées, en cette ensoleillée journée d’un printemps tant attendu, et nous pénétrons d’autant plus volontiers le Musée fraîchement rénové que nous avons la gracieuse permission de la direction, comme au Musée Granet, de prendre des photos.

Exposition Matta au Musée Cantini, (© sylvie puech 2013)

Exposition Matta au Musée Cantini, (© sylvie puech 2013)

    Et nous en profitons ! Seules parmi les visiteurs à jouir de cette précieuse autorisation… Si la transformation du lieu n’est pas aussi saisissante que je le croyais, je me laisse cependant surprendre par une œuvre qui encourage et à l’imagination et à la réflexion. J’abandonne mes a priori à l’égard du Surréalisme, de Breton à Dali pour me rappeler l’enthousiasme que je leur ai porté, il y a bien des années, quand adolescente je dévorais Nadja, ou rêvais devant les tableaux de Magritte.

Le Poëte, R. Matta, huile sur toile, 1945, Collection Ramuntcho Matta   (photomontage© sylvie puech 2013)

Le Poëte, R. Matta, huile sur toile, 1945, Collection Ramuntcho Matt<!–[if gte mso 9]>

Je me laisse embarquer dans les représentations d’un monde à la fois onirique et terriblement concret. D’abord par les couleurs qui s’entremêlent en des formes abstraites d’où surgissent des figures plus ou moins identifiables.

Exposition Matta au Musée Cantini :  Le Grand Burundún, 1974, Huile sur toile,  R. Matta -  Etre hommonde, 1960, Huile sur toile , collection particulière - Les Juges de Nuremberg, 1970, Huile sur toile, Collection Ramuntcho Matta - Morire per amore (La Muerte del Che Guevara), 1967, Huile sur toile, Collection  Federica Matta - Sans titre, 1960, huile sur toile, Centre Pompidou, Paris  - Alabama, 1965, Huile sur toile, collection Federica Matta – Babbo Napalm, 1973, Huile sur toile, collection particulière - Sans titre, 1944, Fusain et pastel sur papier, collection Masathis (photomontage © sylvie puech 2013)

Exposition Matta au Musée Cantini : Le Grand Burundún, 1974, Huile sur toile, R. Matta – Etre hommonde, 1960, Huile sur toile , collection particulière – Les Juges de Nuremberg, 1970, Huile sur toile, Collection Ramuntcho Matta – Morire per amore (La Muerte del Che Guevara), 1967, Huile sur toile, Collection Federica Matta – Sans titre, 1960, huile sur toile, Centre Pompidou, Paris – Alabama, 1965, Huile sur toile, collection Federica Matta – Babbo Napalm, 1973, Huile sur toile, collection particulière – Sans titre, 1944, Fusain et pastel sur papier, collection Masathis (photomontage © sylvie puech 2013)

     Puis je suis happée par le gigantisme de certaines œuvres. Illustrations complexes et emberlificotées pour certaines des méandres de nos inconscients ou métaphores illustratives des événements historiques du XXème siècle. Je ne veux pas développer ici la carrière, la place de Matta dans l’art du XXème siècle, d’autres le font bien mieux et de manière plus rigoureuse, ni commenter la scénographie de l’exposition qui a l’avantage de la clarté chronologique et de la mise en valeur de toiles au format monumental. Ce qu’il y a d’évident, c’est le caractère prolifique de cet artiste dont plus d’une cinquantaine d’œuvres sont ainsi présentées.

La Guerrilla Interior, 1967, R. Matta, (photomontage © sylvie puech 2013)

La Guerrilla Interior, 1967, R. Matta, (photomontage © sylvie puech 2013)

   Et l’on perçoit bien l’évolution du travail du peintre. Des œuvres de l’automatisme surréaliste aux espaces éclatés de l’imaginaire et de l’inconscient jusqu’à celles qui dénoncent de manière plus réaliste les horreurs de notre Histoire, elles me semblent s’inscrire dans la volonté véritable et de plus en plus affirmée de l’artiste d’être témoin et acteur du monde dans lequel il vit. Matta, artiste engagé mais aussi visionnaire, non seulement traduit dans son travail son parcours intérieur et son évolution mais nous renvoie à nos propres obsessions. Il m’entraîne avec lui dans ce voyage fantasmagorique et parfois presqu’avec violence, frappe  mon esprit de réminiscences aléatoires.

Le Grand Burundún I, II, III, IV, V, 1974, Huile sur toile,  R. Matta, (© sylvie puech 2013)

Le Grand Burundún I, II, III, IV, V, 1974, Huile sur toile, R. Matta, (© sylvie puech 2013)

  Alors, bien que mon regard se confronte parfois à des formes trop proches de la BD ou trop grotesques, ou franchement laides à mon goût, voire kitsch, je parcours sans ennui les belles salles jusqu’au dernier étage où nous attendent d’intéressantes œuvres graphiques et apprécie la qualité visuelle ou la force évocatrice de quelques tableaux. Pas de grand choc émotif, je l’avoue, mais une véritable curiosité pour un peintre que je connaissais mal, finalement. Et dont les productions gagnent, même si c’est la règle, à être contemplées in situ.

Intégrale du silence, 1990, Huile sur toile,  R. Matta, (© sylvie puech 2013)

Intégrale du silence, 1990, Huile sur toile, R. Matta, (© sylvie puech 2013)

      En tout cas, certaines de ces œuvres me touchent, sans doute parce qu’elles me renvoient à un passé pas si lointain, à la fois politique et géographique  mais surtout parce qu’elles me rappellent à mes propres divagations et imaginations, à mes propres rébellions et indignations, à mes propres interrogations et incompréhensions.

Devant un tableau de R.  Matta, (© Agnès L.Picca et sylvie puech 2013)

Devant un tableau de R. Matta, (© Agnès L.Picca et sylvie puech 2013)

Sylvie, avril 2013


A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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5 commentaires pour Matta à Cantini, « du Surréalisme à l’Histoire »

  1. vallat dit :

    Bonjour,

    première balade avec l’associationEyes.
    Je voulais alors vous dire le plaisir que j’ai eu, de bonne heure ce matin, d’aller à la rencontre de Matta. Vous m’avez donner à voir une exposition de manière inattendue et agréable, et donné l’envie forte de descendre à Marseille !!! En tout cas, c’est sur, je prépare un weekend dans votre belle ville. C’est l’année où jamais, n’est ce pas.
    Alors merci et à bientôt de vous lire.

    Sylvie de St Etienne

    • Sylvie Puech dit :

      Merci pour vos mots, c’est une belle satisfaction de donner envie de découvrir notre ville et toutes les manifestations qu’elle propose au cours de cette année culturelle de Marseille-Provence 2013.

  2. Grâce à votre très interesant article j’ai eu une vision diferente de Matta. Merci beaucoup et bon week-end.

  3. Grâce à votre très interesant article j’ai une vision diferente de Matta. Merci beaucoup et bon week-end.

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