De l’Art d’ « arrondir les angles »

                En marge de nos dernières pérégrinations à travers les grandes expositions de Marseille-Provence 2013, nous voilà de nouveau réunies en ce joli mois de mai pour un petit tour dans les galeries du centre ville. Porte close pour l’instant à la Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine : il faudra attendre le 17 mai pour y découvrir l’exposition « Derashine//Archist Paysage #4 * CECILE BEAU / MAYURA TORII ». Légère déception au MAD, la Galerie de l’Ecole supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, où l’on se voit confirmer dans l’exposition « Evident Resident 2 » la difficulté des jeunes artistes à trouver leur propre expression. En revanche, la Galerie Vol de Nuits  présente jusqu’au 14 juin des photos saisissantes de la photographe Mirza Randa : l’exposition « On Sex and Gender » est une réflexion percutante sur le corps. On peut être dérangé par ces êtres hybrides, hermaphrodites recomposés à la physionomie déroutante. Et si la volonté de l’artiste libanaise est de revisiter le corps à travers les poses, les lignes et les courbes, celle d’Anabelle Soriano à la Galerie Karima Celestin semble plutôt s’attacher à la poétique de l’espace.

« Arrondir les angles », galerie karima celestin, Alluvion, Anabelle Soriano,  sculptures, 2011. (Photomontage ©spuech 2013)

« Arrondir les angles », galerie karima celestin, Alluvion, Anabelle Soriano, sculptures, 2011. (Photomontage ©spuech 2013)

     « Arrondir les angles », une exposition monographique qui s’est terminée le 11 mai et que nous avons vue à temps dans un lieu décidément propice à un art épuré, sobre, minimaliste.

 Fantasme minéral #1, #3, 2013, Alluvion #3, #4, #5, 2011, sculptures, Anabelle Soriano. (Photomontage ©spuech 2013)


Fantasme minéral #1, #3, 2013, Alluvion #3, #4, #5, 2011, sculptures, Anabelle Soriano. (Photomontage ©spuech 2013)

Mont analogue, installation, 2 sculptures, 2011 à 2013, Sommet gris, photographie, 2009, Anabelle Soriano. (Photomontage ©spuech 2013)

Mont analogue, installation, 2 sculptures, 2011 à 2013, Sommet gris, photographie, 2009, Anabelle Soriano. (Photomontage ©spuech 2013)

     Seules dans ce lumineux espace,  nous avons la chance d’être très aimablement reçues par Karima Celestin qui prend le temps d’échanger avec nous. Elle nous éclaire sur le choix des artistes qu’elle expose depuis l’ouverture de sa galerie à Marseille, nous fait regretter de pas avoir vu les expositions précédentes : « Le noir vous va si bien » et « Summertime », et nous permet surtout de mieux comprendre, de mieux appréhender le travail d’Anabelle Soriano, l’artiste dont nous découvrons les œuvres. Sans doute est-il essentiel de savoir que la jeune femme, outre ses pratiques artistiques s’adonne aussi à l’escalade. Et dans la longue salle, dans une scénographie simple et efficace, se détachent des formes géométriques.

Mont analogue, installation, 2 sculptures, 2011 à 2013, Anabelle Soriano. (Photomontage © Agnès L.Picca, spuech 2013)

Mont analogue, installation, 2 sculptures, 2011 à 2013, Anabelle Soriano. (Photomontage © Agnès L.Picca, spuech 2013)

      Loin de brider l’imagination, ces arêtes adoucies par quelque volute, ces marches infinies délicatement posées sur une structure tout de bois, entraînent mes yeux vers des paysages abstraits où je perds l’équilibre. Or je perçois bien l’exigence et la rigueur de productions où lignes et saillies côtoient d’autres plus arrondies, plus organiques. Les dessins mettent en évidence la qualité et la finesse du trait de l’artiste, pur et net, sans doute affuté durant ses études d’architecture à Lyon, les sculptures ou installations s’ancrent dans sa perception singulière de l’espace où peuvent s’harmoniser droites et courbes en objets insolites. L’ensemble des œuvres laisse une impression de sérénité, de simplicité et je peux, bien loin soudain de l’effervescence désordonnée de notre ville, laisser mon esprit retrouver une concentration méthodique et ordonnée tout en vagabondant en des sphères inconnues.

Sommet gris, photographie, 2009, Pan, sculpture, panneaux de contreplaqué, céramique, 2013, Architecstones #2, dessin, 2013, Tower #2, sculpture, bois, peinture, 2011,  Anabelle Soriano. (Photomontage ©spuech 2013)

Sommet gris, photographie, 2009, Pan, sculpture, panneaux de contreplaqué, céramique, 2013, Architecstones #2, dessin, 2013, Tower #2, sculpture, bois, peinture, 2011, Anabelle Soriano. (Photomontage ©spuech 2013)

            Sylvie, mai 2013

A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
Cet article, publié dans Art, Contemporain, Culture, Non classé, Photo, Sculpture, Sylvie, est tagué , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s