Les enfants adoptent Marseille-Provence 2013

« Sous le soleil, exactement », le paysage en Provence, du classicisme à la modernité (1750-1920), du 19 mai au 21 août 2005, à la Vieille Charité, Musées de Marseille et Musée des Beaux-Arts de Montréal

En  juillet 2005, j’avais accompagné à sa demande ma fille et son amie, voir une exposition événement à la Vieille Charité, ça faisait longtemps… Nos enfants grandissent en refusant de nous accompagner à des trucs d’adulte, ils préfèrent leurs univers concoctés par la culture commerciale grand public actuelle. Une adaptation à leurs psychologies concrétise un progrès social, tout en développant un marché distinct, créant une séparation. A chaque période de la vie, la modernité apporte un mode de consommation alimentaire, vestimentaire, littéraire, cinématographique… culturelle donc ! Nos bonbons ne sont pas les leurs, enfin je schématise volontairement, car la modernité ça vieillit aussi ! J’ai grandi avec un pot de Nutella, ma fille aussi… Et des promenades au Préau des Accoules, à la Galerie Paillas, au Frac, aux parcs… des dessins animés de Disney aux romans de J. K. Rowling, et des films de Robert Guédiguian à ceux de Peter Jackson nous partageons ces moments. Dans les longues salles de la Vieille Charité, au départ du sens de la visite, nous découvrons les premiers grands paysages de Provence de Hubert Robert et Joseph Vernet, à la facture très classique (pour moi et historiquement) des années 1750. Ma fille s’enflamme, elle y voit les magnifiques travellings vus d’hélicoptère des sites naturels de Nouvelle-Zélande, qui sont les  décors du Seigneurs des Anneaux… Et entre mes explications sur la naissance du paysage dans la peinture (évoquée en partie dans La couleur sensible), et leurs commentaires enjoués, échangés entre elles et moi, leurs plaisirs manifestes et multipliés par tant de tableaux, de vision du paysage, de couleurs déployées, de peintres célèbres (Monet, Renoir, Van Gogh, Cézanne, Signac, Braque, Derain et Dufy…), l’instant partagé m’évoque encore maintenant de la joie.

Exposition Matta, du surréalisme à l’histoire,1 du 5 février au 20 mai 2013 au Musée Cantini, Le Grand Burundún I, II, III, IV, V (Huile sur toile, 1974), Roberto Matta (Musée d'art moderne et contemporain de Genève et Centre national des arts plastiques, Paris) , Babbo Napalm (Huile sur toile, 1973), Roberto Matta (collection particulière)

Exposition Matta, du surréalisme à l’histoire au Musée Cantini, Le Grand Burundún I, II, III, IV, V (Huile sur toile, 1974), Roberto Matta (Musée d’art moderne et contemporain de Genève et Centre national des arts plastiques, Paris) , Babbo Napalm (Huile sur toile, 1973), Roberto Matta (collection particulière) (Courtesy Musée Cantini)

16 avril 2013, Visite de l’exposition Matta, du surréalisme à l’histoire, 15 février au 20 mai 2013 au Musée Cantini.

Nous redécouvrons notre cher Musée Cantini à l’occasion de sa réouverture, comme le raconte Sylvie dans son article « Matta à Cantini… »… Une sortie qui n’est pas sans me rappeler notre première visite pour l’exposition RIOPELLE, un artiste canadien. J’évoquais ainsi dans le premier article (Les complices s’enrichissent) de notre chronique de Marseille-Provence 2013, ce bonheur commun, presque enfantin, dans nos échanges autour des œuvres. Une joie simple que je retrouve en ce samedi après-midi. Non seulement il y a beaucoup de visiteurs, des adultes évidemment comme on peut s’y attendre dans un musée dédié à l’Art Moderne, mais aussi beaucoup d’enfants. Et c’est un plaisir de discuter avec un groupe de garçons et leur grande sœur devant La Guerrilla Interior. Ils apprécient l’immense toile sans écouter les commentaires de l’audio-guide, comme moi, mais je leur explique que ça peut-être intéressant. Qu’ils se souviendront plus tard, que ce que nous apprenons nous reste comme pour moi mes études aux Beaux-Arts. Je leur parle de notre blog tout en écrivant son adresse numérique. Nous accompagnons au même rythme un petit groupe de garçons, captant leurs conversations de temps à autre. Au premier étage, devant de nouvelles toiles de Matta, l’un s’éclaffe « Ouah ! C’est Star Wars (… et à propos de la toile suivante)… Dark Vador ». Encore une référence à un film international, qui à cet instant me rappelle la réaction de ma fille. Devant ce qu’ils ne connaissent pas les enfants arrivent à atteindre le sens global d’une œuvre avec les références qui leur sont propres, comme les adultes. Une appropriation de l’inconnu qui passe par la connaissance et un langage commun. La guerre, la souffrance physique et psychologique exprimées par Roberto Matta, malgré la difficulté du propos, sont abordées par les enfants avec ce qu’ils en connaissent. C’est aussi le sujet des films, des séries qu’ils regardent, des jeux auxquels ils jouent. Même si la part d’esthétisme semble atténuer ce sens, elle ne le rend que plus subliminale. Comme dans les contes de Grimm ou de Perrault, ces histoires à suspense contiennent leur part d’avertissements vis-à-vis  du danger… Sans que pour cela les enfants ne perdent leur insouciance et leur joie de vivre…

J1, Galerie des Chercheurs de midi, La fabrique de fotokino (Dessins sur Bass Bumppar Patrick Lindsay)

J1, Galerie des Chercheurs de midi, La fabrique de fotokino (Dessins sur Bass Bumppar Patrick Lindsay)

27 avril 2013, visite du J1, Galerie des Chercheurs de midi, La fabrique de fotokino (dessins sur bass bump par Patrick Lindsay), Galerie La Jetée (déserteurs), Galerie Des Quais, La coursive (éclats du miroir), Méditerranées. Des grandes cités d’hier aux hommes d’aujourd’hui.

Une assurance de vivacité à laquelle nous invite le J1. J’avais pensé à ce lieu pour les activités et les expositions adaptées aux enfants, aux adolescents et aux adultes en ce samedi pluvieux. Le lieu est parfait pour mes neveux et ma sœur, nous nous y restaurons, puis dans cet immense hangar nous passons d’un atelier à une exposition, l’envie nous est donnée de regarder, de participer, d’apprécier le paysage du Grand Port à la Major, un point de vue jusque sur Notre-Dame de la Garde. L’organisation de l’espace permet à mes neveux de courir, sans gêner les autres visiteurs. Même dans l’exposition phare sur la Méditerranée, la scénographie autorise leur attention comme leur distraction entre les grands passages de déambulation et les espaces plus intimes des containers. Leur agitation s’estompe, lorsqu’ils découvrent les grandes maquettes des navires. Je leur parle, sérieuse, des guerres maritimes entre puissance méditerranéenne à l’esprit Barbe Rouge (BD de Charlier et Hubinon) et ils me parlent des pirates… Là aussi… L’identification suscite l’intérêt.

Mur d’Expression au Pavillon M

Mur d’Expression au Pavillon M

22 avril 2013, Social Media Club Marseille cycle Culture & medias sociaux hors les murs en 2013, au Pavillon M* (*Le numérique se donne en spectacle,  organisé par le Conseil général des Bouches-du-Rhône)

Le Pavillon M est un autre lieu attractif  de Marseille-Provence 2013, il a pour but justement de susciter l’intérêt. En ce qui me concerne, je m’y rends régulièrement pour des rencontres, des expositions… Justement ce lundi 22 avril vers 15h, je vais rencontrer mes amis du Social Media Club, Sandra (@sandraofmars) m’a invitée à ce cycle Culture & medias sociaux. « Patrimoine et nouveaux publics [musées in, musées out] », le sujet nous concerne… Les responsables des musées et des professionnels du numérique  présentent chacun leur activité, leur projet… Les enfants et les adolescents constituent un public interpellant particulièrement visé. Céline Salvetat (@celinesalvetat
) du Museon Arlaten nous parle de Vol sans effraction : un poste de pilotage, installé devant la façade du musée (fermé depuis 2009), invite le visiteur à manipuler à distance un drone et viser des cibles installées dans la cour. Une autre manière d’aborder le musée. Lucile Oberson, de l’Association générale des conservateurs des collections publiques de France en région Paca explique la création de l’application mobile Musambule, permettant aux usagers des Smartphones de « découvrir et explorer plus de 166 musées des régions Provence Alpes
Côte-d’Azur et Languedoc Roussillon ». Toujours provoquer l’intérêt de nouveaux publics. Les enfants et les adolescents, usagers des nouvelles technologies et des réseaux sociaux pourraient devenir des habitués des musées, où de multiples médias, même les plus inattendus, les plus ludiques, les plus industriels… leur offriraient plus de passerelles vers l’inconnu.

Au passage de cette rencontre, j’ai découvert un mur d’expression accessible à chacun, les enfants semblent plus se prêter à l’exercice… De nombreux post-it y sont affichés, ceux des enfants, des adolescents facilement identifiables.  Leurs mots, leurs signes sont positivement vivants… La couleur acidulée des bulles reflète ce bonheur qui se communique au dehors du Pavillon M. Une joie manifestement partagée rayonne sur la place de la Mairie et sur le Vieux-Port de Marseille.

Vues du Pavillon M et du Vieux-Port

Vues du Pavillon M et du Vieux-Port

Laure, Marseille, 27 mai 2013.

A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
Cet article, publié dans Art, Culture, Laure, Photographie, Photos, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Les enfants adoptent Marseille-Provence 2013

  1. ¡Muy interesante! Buen fin de semana. Un abrazo.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s