Visages d’Andy Warhol… à la Vieille Charité / Marseille

Visages – Picasso, Magritte, Warhol …

Au Centre de la Vieille Charité du 21 février au 22 juin 2014 (Cette exposition est organisée par la Ville de Marseille /Centre de la Vieille Charité, Marseille et la Réunion des Musées Nationaux Grand Palais)

Visages - Picasso, Magritte, Warhol ...  Au Centre de la Vieille Charité / Marseille 2014

Visages – Picasso, Magritte, Warhol … Au Centre de la Vieille Charité / Marseille 2014

28 février 2014, Agnès, Sylvie et moi commençons la visite d’une nouvelle exposition « Visages – Picasso, Magritte, Warhol … »  de la Réunion des Musées Nationaux et des Musées de Marseille à la Vieille Charité, une icône architecturale de notre métropole. Comme pour « Le Grand Atelier du Midi », c’est un événement ! Nous avons pour « consigne : un tableau, un petit texte exprimant notre coup de cœur ». Cette fois-ci, nous nous sommes préparées, nous avons lu le dossier de presse, nous savons que quatre-vingt-dix-sept artistes et cent cinquante œuvres sont réparties en Visages de la Société, Visages de l’Intimité, Visages de l’Esprit. VOIR et RÉFLÉCHIR sont au rendez-vous. Avant de pénétrer les longues salles joliment scénographiées par des diagonales, je sais que je vais parler d’Andy Warhol. Je transgresse la règle, un artiste plutôt qu’une œuvre, sans doute encore à l’esprit son célèbre visage vu dans « Des Images comme des oiseaux ». C’est pour moi l’artiste qui a compris et nous a transmis très tôt une réflexion sur l’industrialisation des images, qui n’en était qu’à ses prémices dans les années 1950…  et qui est maintenant omniprésente de nos téléviseurs, d’Internet à nos Smartphones, de nos centres urbains à nos zones commerciales et industrielles. C’est pendant ces années que naît en Angleterre (Indépendant Groupe) et aux Etats-Unis le Pop Art, un terme pour deux mouvements ayant en commun la culture américaine (publicité, presse, bandes dessinées, cinéma, télévision, technologies,…).

Visages - Picasso, Magritte, Warhol ... Au Centre de la Vieille Charité / Marseille 2014

Visages – Picasso, Magritte, Warhol … Au Centre de la Vieille Charité / Marseille 2014

« Ce qui marque le pop, c’est avant tout l’usage qu’il fait de ce qui est méprisé […] et on insiste sur les moyens les plus pratiques, les moins esthétiques, les plus beuglants des aspects de la publicité. C’est ça la chose la plus pop […] plus on s’en éloigne, plus on s’éloigne du pop. » Roy Lichtenstein

 De la People Factory à la Presse People

Comment les Mass-Médias fabriquent des symboles ? Comment ces icônes, ces portraits de personnalités politiques, cinématographiques… deviennent des Visages de la Société ?… de notre société d’hyper consommation…

Jackie (1964) d’Andy WARHOL (Encre sérigraphique et acrylique sur toile - 50, 8 x 40,6 cm - Musée de Grenoble  © musée de Grenoble/ The Andy Warhol Foundation for the visual arts inc. / Adagp, Paris 2014)

Jackie (1964) d’Andy WARHOL (Encre sérigraphique et acrylique sur toile – 50, 8 x 40,6 cm – Musée de Grenoble © musée de Grenoble/ The Andy Warhol Foundation for the visual arts inc. / Adagp, Paris 2014)

Les années 50 constituent une période d’apprentissage et de découverte pour Andy Warhol, entre créateur publicitaire et voyage autour du monde. A la fin des années 50, il installera sa Silver Factory dans un grand loft de New York, espace d’émulation artistique collective. En 1962, à travers la série Soupe Can Campbell, il valorise la production de masse et esthétise un produit de grande consommation, il révèle et expose le dynamisme de La Culture et de l’Histoire américaines, loin de celles du Vieux Continent Européen et de la Seconde Guerre Mondiale. Les Etats-Unis affirment plus que jamais leurs valeurs de conquête des vastes espaces, d’espoir et de foi dans le futur rayonnant de l’Américan Way of Life, et leur confiance dans les progrès de la science, de la technologie, de la croissance économique et des libertés sociales… Cette liberté tant recherchée dans l’égalité entre les hommes… et les femmes,… dans la vitesse des Harley-Davidson et des Aston Martin, dans la musique rock, soul et pop, dans l’usage abusif de la pharmacopée et des drogues… Les sixties sont les années « Sex, Drugs and Rock’n’roll », Andy Warhol et les membres de la Factory s’immergent dans une fête créative frénétique et incessante, où de multiples composés chimiques, Cannabis, Exctasy, LSD… sont utilisés pour libérer l’esprit et le corps de leurs limites. Les sérigraphies produites et vendues à la chaine permettent la réalisation de films… Les séries de portraits de célébrités ont permis à Andy Warhol de faire, entre autre, des portraits filmés d’artistes de la scène New-Yorkaise. De la côte Ouest à la côte Est, entre Los Angeles et New York, un va-et-vient s’opère entre sa fascination des célébrités Hollywoodiennes et la mise en lumière de l’avant-garde de Greenwich Village ; représentant comme une alternative… Les personnalités politiques ne sont pas oubliées, les séries de Jackie et de Mao marquent des moments historiques. Ces deux Visages côte à côte sur les murs de la Vieille Charité, m’ont plu car ils présentent des personnalités souriantes, pleines d’espoir. Ces portraits sont symboliques de leur Société et de l’espoir de deux nations, l’une capitaliste, l’autre communiste, envers un horizon florissant. Une naïve insouciance sans limite rappelée à la réalité par la violence, les drames individuels ou collectifs… Entre la série Jackie (1964 / Assassinat de John F. Kennedy 22 novembre 1963) et celle de Mao (1972-1974 / Fin de la guerre du Vietnam / La Détente / Visite de Nixon en Chine), Andy Warhol échappe de justesse à la mort le 3 juin 1968. Valerie Solanas lui tire dessus, la balle traverse le poumon, la rate, l’estomac, le foie et l’œsophage. Il aura des séquelles jusqu’à la fin de sa vie (22 février 1987). Robert F. Kennedy est assassiné le 5 juin 1968 à Los Angeles. L’interaction entre le quotidien et l’actualité de l’Art, de la Culture, des sciences, des technologies,  des événements,  des nations et du monde… et la vie et l’œuvre d’Andy est particulièrement bien représentée par The Warhol’s TimeWeb .

Mao (1973) d’Andy Warhol (1928 - 1987) (Mine graphite sur papier - 92 x 92,5 cm - Inscriptions : Signé et daté au revers : Andy Warhol 73 - Acquisition de l'Etat, 1974. Attribution/Source au Musée national d'art moderne / Centre de création industrielle - © (diffusion RMN) 
© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris)

Mao (1973) d’Andy Warhol (1928 – 1987) (Mine graphite sur papier – 92 x 92,5 cm – Inscriptions : Signé et daté au revers : Andy Warhol 73 – Acquisition de l’Etat, 1974. Attribution/Source au Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle – © (diffusion RMN) 
© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris)

« Comme [Oscar] Wilde dans Dorian Gray, Andy Warhol est obsédé par le portrait en temps qu’image composite de son temps – dessinée, peinte, sérigraphiée, photographiée, enregistrée sur magnétophone puis transcrite, filmée sur pellicule ou vidéo. Cette passion fut une histoire d’écrans, de la sérigraphie (silkscreen) à la télévision (TV. screen), passion évoquée par Alan Jones au travers de l’interview [à propos d’Andy Warhol’s  T.V. & Andy Warhol’s Fifteen Minutes] qui suit : — Comment définiriez-vous la télévision ? Oh, c’est simplement de l’imprimé mobile. — Que pourrons-nous voir dans votre émission ? Des designers, des acteurs, des visages nouveaux. » (Andy Warhol L’imprimé mobile de la télévision par Alan Jones, Art Press 199, février 1995)

De l’artiste qui prend des Visages de la Société à « L’artiste qui se prend pour un paparazzi »

Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Exposition du  Centre Pompidou-Metz (26 février au 9 juin 2014)

Bush with Rubik's Cube d'Alison Jackson (Epreuve jet d’encre, 30 /42 cm - 2005) Collection Alison Jackson © Alison Jackson

Bush with Rubik’s Cube d’Alison Jackson (Epreuve jet d’encre, 30 /42 cm – 2005) Collection Alison Jackson © Alison Jackson

A l’autre bout de la France, « Paparazzi ! Photographes, stars et artistes » est une exposition qui interroge,  elle aussi, ces questions de l’image photographique et de la représentation sociale. Que valorisons nous, quels photographes et quels artistes, quelles images et quelles œuvres, quelles personnes et quelles personnalités ? Le Temps et l’Histoire révèlent les uns comme ils font disparaitre les autres… Dans le prolongement de la démarche d’Andy Warhol, Alison Jackson aborde une réflexion complexe sur les médias anglo-saxons, la Presse People notamment. Au travers de simulacres, ses œuvres sont des mises en scène de célébrités, leur intimité semble nous être révélée. Ces créations vont bien au-delà de ce que dévoilent les médias. Un jusqu’au-boutisme pour en montrer l’absurdité et en dénoncer les abus, peut-être. Une démarche très intéressante expliquée par elle-même dans la vidéo ci-dessous, lors de la conférence internationale TEDGlobal 2005.

Andy Warhol, Alison Jackson, comme d’autres artistes, « mette[nt] en scène l’atmosphère morbide qui imprègne sourdement tous les aspects de la culture de masse. « Une forêt de signes » [Moca-1989] est une exposition réussie chaque fois que les œuvres s’attachent à ce trait bizarre et déstabilisant de la vie contemporaine, manifestant alors tant sa fourberie insidieuse que la beauté indéniable des formes de la culture de masse. » Christopher Knight, critique d’art du Los Angeles Herald Examiner (traduit par Brice Matthieussent, Art et Langage des médias à Los Angeles, Art Press 138, Juil Août 89).  

Laure, Marseille, 22/28 mars 2014.

Le regard d’Alison Jackson sur la célébrité

FILMED JUL 2005 • POSTED JAN 2008 • TEDGlobal 2005 / TALKS

 « En créant des photographies qui semblent montrer nos people préférés (Diana, Elton John) faire, ce que nous souhaitons, réellement, secrètement, les voir faire, Alison Jackson explore notre désir d’être intime avec des people. La présentation contient des images qui peuvent choquer. » (Texte de l’ancienne version du site – Translated into French by eric vautier )

A voir : Andy Warhol’s Factory People (Un film documentaire de Yves Billon – 2007 – France – 52 minutes – 3 épisodes : 1/ Bienvenue à la Silver Factory – 2/ Sex, drugs and rock’n’roll – 3/ Survivre aux jours qui passent)

A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
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2 commentaires pour Visages d’Andy Warhol… à la Vieille Charité / Marseille

  1. orepuk dit :

    Les ressauts sociaux ont transformer notre façon de voire les autres et le monde, chacun a un APNC ou un smartphone, pour faire des selfies et photographier tout ou n’importe quoi, nous sommes devenues acteurs et metteurs en scène, normal que les paparazzi soient devenus artistes

    • AssociatEyes dit :

      Oui, tout à fait d’accord même si notre façon de voir le monde, globale dans sa diversité, nait avec les progrès des sciences et des technologies de la communication et de l’information, elle n’est pas récente… Comme l’avait écrit André Malraux dans son introduction au Musée Imaginaire… nous avons la capacité de connaitre les réalisations artistiques, culturelles…. du monde entier (plus ou moins) dans un temps donné, c’est un processus effectivement dans lequel nous sommes tous impliqués… et qui se poursuit…

      Pour les Paparazzi, comme pour tout photographe, ils ont pour certains des qualités artistiques, c’est indéniable ! Mais leurs histoires est plus compliquée qu’il n’y parait… comme nous l’avait expliqué François Cheval lors d’un Mardis du Mucem ( http://www.mediaterranee.com/1632012-marseille-un-mardi-du-mucem-sur-les-traces-des-paparazzi.html#.U0ZE_175eaY) comme l’est leurs valorisations sur le marché de l’art… Au cours de cette conférence sur le thème de la « construction des images », il nous expliquait comme s’était opérée cette construction de l’image du Paparazzi, du chasseur d’images du Parti communiste dénonçant la futilité du star système en Italie à ce chasseur d’images du la Presse People piégeant ces stars… Un glissement s’est opéré…

      Avec les selfies, nous sommes effectivement tous objet/sujet de l’image et créateur de celle-ci, de notre histoire également…

      Laure

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