Happy Hours at the Gallery Gourvennec Ogor

16 juillet 2014 visite de l’exposition : HAPPY HOURS – Galerie Gourvennec Ogor 31 mai au 02 août 2014

Work n°911 : All Cars Are Beautiful (2013), NØNE FUTBOL CLUB (Technique mixte - 371 x 163 x 139 cm) Courtesy Galerie Gourvennec Ogor

Work n°911 : All Cars Are Beautiful (2013), NØNE FUTBOL CLUB (Technique mixte – 371 x 163 x 139 cm) Courtesy Galerie Gourvennec Ogor

Est-ce que le titre d’une exposition peut conjurer le mauvais sort ? En tout cas, il affiche l’espoir et l’envie d’un galeriste en un futur plus prospère pour lui-même évidemment, mais aussi immanquablement pour les artistes qu’il défend.

Le mauvais sort, oui je le reconnais est une terme un peu excessif, mais cette exposition est bien née d’un sérieux problème. En mai en plein montage de l’exposition Translatio de Dieter Detzner, la police vient prévenir Didier Gourvennec Ogor que le bâtiment où sont entreposées les réserves de la galerie va être condamné. Il a une demi heure… puis trois heures pour déménager !

Panique, solidarité et changement de programme ont permis la remise en forme de l’ensemble de la réserve. Cette exposition impromptue nous permet de redécouvrir le cabinet de curiosité de Didier. Je vois et revois et avec plaisir les œuvres de Jean-Baptiste Alcaraz, Emmanuelle Antille, Gilles Balmet, Yannis Barth, Pascal Berthoud, Aimeric Chay, Claire Dantzer, Dieter Detzner, Martine Feipel & Jean Bechameil, FRP2, Pablo de Laborde Lascaris, David Lasnier, Nøne Futbol Club, Rob de Oude, Régis Perray et Timothée Talard. Beaucoup nous sont familières car depuis le 2 septembre 2011 (Le fil d’Art-O-Rama 2011), Agnès, Sylvie et moi sommes souvent venues ici, dans cet espace que nous affectionnons pour les révélations des œuvres, les rencontres d’artistes, avec qui pour certains nous avons des relations amicales, et l’engouement de Didier pour sa passion et son travail.

Agnès et moi, nous avons vécu ces 25 dernières années la scène culturelle et les petites et les grandes histoires de l’Art Contemporain à Marseille, nous en connaissons les espérances, les réussites et les travers. Lorsque que nous avons appris qu’un jeune galeriste parisien venait installer une galerie privée à Marseille, de plus dans le quartier de la Joliette, nous savions que se serait difficile… Un pari un peu fou !

Car, comme je le racontais dans Capitale(s) en question, si ce quartier de la Porte d’Aix que j’habite, et que j’aime pour ces contrastes sans doute, se transforme depuis 1991, il n’en reste pas moins en lente transition… Les difficultés des unes et des autres populations cohabitent pour le meilleur et pour le pire aussi, l’engatse n’est jamais très loin. Dans Capitale(s) en réponse, Didier évoquait sa détermination.

Plus d’un an après, l’année de Marseille-Provence 2013 étant passée, le monde culturel marseillais n’est plus sur un petit nuage, le Maire a annoncé la diminution de 40% du budget de la Culture, un signal qui ne m’étonne pas. La Culture n’a jamais été une de ses priorités. Mais nous savons que si le tourisme local a augmenté de 10% en 2013, en pleine crise, c’est parce que les moyens, les services et les propositions étaient au rendez-vous d’un événement international. Autrement dit sans événements phares pas de dynamisme… Une fois que les croisiéristes auront fait le tour de Notre-Dame de la Garde et des champs de lavande ;), ils iront vers d’autres horizons qui sauront eux les ré-enchanter, en renouvelant leur accueil, leur offre et leur environnement culturel. Les professionnels de la Culture, comme ceux d’autres secteurs économiques, savent que c’est l’événement renouvelé qui crée l’attractivité et le développement socio-économique. Comme Didier, les acteurs du public, de l’associatif et du privé de l’Art Contemporain à Marseille rêvent de construire un marché de l’art d’envergure international. La création d’une Biennale, par exemple, quelquefois évoquée, ne pourrait que renforcer les acquis de l’année Capitale Européenne de la Culture… Si une ville de 170 000 habitants comme Saint-Etienne en est capable pourquoi pas Marseille.

Baptiste Lanaspeze (@BaptisteLan) décrit assez bien dans ces ouvrages de témoignages, Marseille, énergies et frustrations (2006), Bureau des compétences et désirs, A partir de Marseille, 65 projets d’art contemporain (2008), L’écologie urbaine (2012), les aspirations de chacun et l’univers culturel, les réalités du territoires qui épuisent les instigateurs de nouvelles propositions pour notre Métropole.

Mais l’heure heureuse est à l’encouragement, car les changements à Marseille ne dépendent pas seulement du bon vouloir du Maire, ils dépendent de chacun d’entre nous, des mondes de la Culture, de l’économie et des entreprises… et de la société civile.

Les « Happy Hours » de Didier Gourvennec Ogor, titre tiré de l’expression argotique du « quartier libre » de US Navy, sont peut-être ainsi une invitation généreuse à la décontraction, avant-coureur de nos vacances…

Many Dreams (2013), MARTINE FEIPEL & JEAN BECHAMEIL,  (Photographie contrecollŽée sur dibond, 80 x 120 cm, ƒÉdition de 3 + 2 E.A), Courtesy Galerie Gourvennec Ogor

Many Dreams (2013), MARTINE FEIPEL & JEAN BECHAMEIL, (Photographie contrecollŽée sur dibond, 80 x 120 cm, ƒÉdition de 3 + 2 E.A), Courtesy Galerie Gourvennec Ogor

Laure, Marseille, 16 au 18 juillet 2014.

Les liens en plus :

Rendez-vous le 2 Août 2014 pour le finissage et le tirage de la TOMBOLA – CLAUDE VIALLAT (31 mai au 2 août 2014) 

– A la rentrée : TIMOTHÉE TALARD : Chance is a word void of sensé nothing can exist without a cause (30 aout au 18 octobre 2014)

 – En octobre 2014 : Translatio de Dieter Detzner (exposition reportée qui devait avoir lieu du 1er Juin au 26 juillet 2014 à la place d’Happy Hours)

– A lire également, l’article de Céline Ghisleri (journalventilo.fr – Rubrique Expos, le Mardi 03 juin 2014 dans Ventilo n° 339) un peu dans la même état d’esprit : Happy Hours à la Galerie Gourvennec Ogor

– Tous nos articles sur les expositions ou citant la Galerie Gourvennec Ogor

A propos AssociatEyes

Les complices s’enrichissent, proverbe mis au goût du jour par Paul ELUARD ET Benjamin PERET, La Révolution surréaliste (1925)
Cet article, publié dans Art, Arts, Contemporain, Dessins, Installation, Laure, Peinture, Photo, Photographie, Photos, Sculpture, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Happy Hours at the Gallery Gourvennec Ogor

  1. A reblogué ceci sur En revenant de l'expo !et a ajouté:
    Merci à Laure pour ce papier nécessaire ! Merci aussi pour son partage sur Facebook de l’article dans Ventilo de Céline Ghisleri qui pose le problème de façon plus directe : http://www.journalventilo.fr/2014/06/03/happy-hours-la-galerie-gourvennec-ogor/
    On peut aussi s’interroger sur la situation des galeries à Montpellier, Nîmes, Arles ou Avignon… On pourrait faire l’inventaire des galeries privées qui ont disparu… ou se sont transformées en lieux associatifs…

  2. irene tetaz dit :

    Très bel article et courage pour votre lutte..elle est belle et si nécessaire..

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s